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  • L'équipe Green and You

Biodiversité : une espèce sur trois pourrait disparaître d’ici 2070

Estimer le taux d'extinction des espèces dû au réchauffement climatique est un exercice délicat. Aujourd'hui, des chercheurs se sont attaqués au problème d'une manière inédite. Selon eux, même si l'accord de Paris était respecté, nous perdrions deux espèces animales et végétales sur dix. Dans un scénario moins optimiste, il faudrait dire adieu au tiers, voire à la moitié, de nos compagnons d'aventure sur cette Terre.




Sur le plan de la biodiversité, les nouvelles ne sont décidément pas très bonnes ces jours-ci. Il y a quelques jours, des chercheurs nous alertaient sur le demi-million d’espèces d’insectes en danger de disparition. Aujourd'hui, une équipe de chercheurs de l'université de l'Arizona (États-Unis) estime que, si rien n'est fait pour limiter le réchauffement climatique, un tiers des espèces animales et végétales pourrait disparaître dans les 50 années à venir.


Les chercheurs ont étudié des extinctions récentes dues au réchauffement climatique, les taux de déplacement des espèces et différentes projections du climat futur. Une première. Avec des données portant sur pas loin de 600 espèces végétales et animales dans près de 600 sites répartis sur l'ensemble du globe. Les espèces auxquelles ils se sont intéressés sont celles qui ont été étudiées au moins deux fois à moins de dix années d'intervalle. Le constat est inquiétant : 44 % de ces espèces ont déjà disparu dans un ou plusieurs sites.



Les travaux des chercheurs de l’université de l’Arizona (États-Unis) montrent que les températures annuelles maximales constituent une variable clé en matière de disparition d’espèce. Ainsi, une hausse de 0,5 °C peut entraîner la perte de 50 % d’une population. À +2,9 °C, c’est 95 % des individus qui disparaissent. Ici, un genévrier à écorce d’alligator mort. Il n’a pas pu faire face à l’augmentation des températures extrêmes. Des relevés montrent toutefois que son espèce est poussée sur les pentes de montagnes sous l’impact du réchauffement climatique. © Ramona Walls, Université de l’Arizona



La température moyenne, pas si significative que ça


Les chercheurs de l'université de l'Arizona ont analysé 19 variables climatiques pour déterminer lesquelles entraînent le plus d'extinctions. Et combien de changements une population donnée peut tolérer. À quelle vitesse elle est capable de se déplacer pour échapper au réchauffement climatique aussi. De quoi, pensent-ils, estimer de manière détaillée les taux d’extinction mondiaux pour des centaines d'espèces.


Les chercheurs indiquent que les températures annuelles moyennes, souvent utilisées pour caractériser le réchauffement climatique, ne sont finalement pas très significatives en matière d'extinction d'espèces. Par ailleurs, contrairement à ce qui avait été avancé par de précédents travaux, les espèces ne devraient pas être en mesure de se disperser suffisamment vite pour éviter leur perte.



Ce qu'il faut retenir :


Des chercheurs ont envisagé la question de la perte de biodiversité sous l'effet du réchauffement climatique sous un angle nouveau.Ils en concluent que si des mesures ne sont pas prises rapidement, une espèce animale et végétale sur trois pourrait disparaître d'ici 2070.




Crédit : Futura Science / Nathalie Mayer

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