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Gwendal Tissier : "Plaidoirie pour une relance verte, solidaire et européenne"

Mis à jour : mai 14


Demain, la France va prendre le chemin du déconfinement débuté il y a maintenant deux mois pour freiner l’épidémie du Covid-19. Ce chemin, certains pays l’ont emprunté récemment ou le prendront prochainement.

Nous, habitants de cette Terre reprendrons nos habitudes. Et pourtant. Nous l’avons vu, quelques semaines nous ont montré que la nature sait reprendre ses droits. Le nouveau monde qui nous tend les bras doit s'en souvenir. En la poussant dans ses retranchements, la planète nous a lancé une alerte. Le « Green Deal » est encore plus nécessaire qu’avant cette crise. Le réchauffement climatique n’a pas disparu. L’homme et ses travers sont toujours là.

À la différence que cette épreuve a permis de prendre des décisions de raison pourtant décalées jusqu’à lors. L’interdiction des paquebots et du tourisme de masse à Venise ou les déploiements massifs de plan vélo partout dans le monde en sont des exemples. Nos dirigeants français, européens et mondiaux vont devoir faire face à un choix: repousser une énième fois la transition écologique que nous devons enclencher pour assurer la sauvegarde de nos espèces, de la terre, de l’Homme. Ou alors, se servir de cette expérience traumatisante pour proposer des plans de relance en accord avec le « Paris Agreement » et refonder cette société sur des bases saines pour les générations futures.

Nos élus doivent le comprendre: les politiques de relances respectueuses du climat profitent non seulement à l'économie, mais également à l'écologie. Inclure des mesures "vertes" dans les plans de relance qui suivront la crise est un enjeu non seulement écologique, mais également d'efficacité. Ces stratégies conçues sur le long terme ont souvent un meilleur impact économique. Les projets verts créent plus d'emplois et conduisent à de plus grandes économies de coûts à long terme, par rapport aux mesures de relances budgétaires traditionnelles. Accélérer la transition juste pour renforcer notre résilience aux risques sanitaires et climatiques ne suffira pas. Car cette mondialisation a laissé de nombreux acteurs sur le carreau.

La solidarité, ou non, à l’égard des peuples qui seront les plus durement touchés va structurer l’économie mondiale pour ces 15 prochaines années et donner forme au monde dans lequel nous allons vivre. Les organisations mondiales comme l’ONU, L’OMS et le FMI devront reprendre leurs rôles, et enfin inverser la courbe des inégalités. Ces mêmes organisations qui ont été beaucoup trop effacées dans cette crise, laissant les pays se livrer à des coups bas, à des réquisitions de masques. Ce flou générant des conflits pouvant pourtant être évités. La classe moyenne française risque de s’appauvrir pour devenir populaire. Et si la classe populaire tombe dans la pauvreté, l’effondrement redouté par notre gouvernement deviendra réel. L’entraide si propre à notre peuple sera au cœur de cette épreuve.

De profondes transformations sont à entreprendre. De notre façon de produire à nos modes de vie et de consommation: des alternatives sont possibles. Nous sommes nombreux à avoir troqué les grandes surfaces pour les producteurs locaux, nos voitures pour des vélos. Nous avons fait des choix qui ont porté leurs fruits malgré nous. Les oiseaux, les insectes font leur retour quand la pollution atmosphérique disparaît. Il s’agit de notre santé.

Cette réponse devra être européenne. Est-ce normal d’avoir délocalisé la fabrication de nos cartes vitales en Inde en 2011 au détriment d’une PME installée en Dordogne ? Est-ce normal de produire nos médicaments en Chine quand des usines françaises demeuraient à l’arrêt avant cette crise ? Est-ce normal de vivre dans le pays ayant inventé le TGV mais payer son billet Marseille-Brest 4 fois plus cher qu’un vol Paris-Marrakech avec Ryanair ? Ces aberrations doivent enfin être mises sur la table. Le projet porté par l’Europe n’est-il donc plus assez puissant pour pouvoir protéger ses citoyens ? Prouvez-nous donc le contraire.

La relocalisation, l’adaptation de l’économie à l’urgence climatique, l’orientation de la demande vers des produits durables, conditionner et moduler les aides publiques aux grandes entreprises et aux banques, accompagner la transformation de secteurs clés comme l’agriculture, soutenir les territoires qui sont au cœur de la gestion de crise et enfin mettre en place une fiscalité plus juste sont autant de pistes à engager.

Les pouvoirs publics ne pourront pas tout. Nous, citoyens devrons également revoir nos priorités et nos travers qui coûtent si cher à notre Terre.

Faisons des épreuves actuelles que nous affrontons ensemble une opportunité pour tous, mettons l’environnement au cœur du rebond collectif.

Gwendal Tissier

Fondateur de l’association loi 1901, Green and you.

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