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Les laboratoires publics américains au cœur d'un scandale sur la maltraitance des animaux

Les sites de recherche fédéraux ne sont pas soumis à des inspections du département américain de l'Agriculture. Contrairement aux laboratoires d'universités ou privés, ils sont censés s'auto-contrôler.




L'affaire est plutôt embarrassante pour les laboratoires publics américains. Souris mortes de chaud, d'autres mortes de faim et de soif, primates laissés dans des pièces éclairées en permanence : les prestigieux Instituts nationaux de santé (NIH) ont commis des dizaines de violations des règles sur le bien-être des animaux utilisés pour la recherche, selon des documents internes fournis par l'association PETA. Un total de 31 incidents de maltraitance animale ont été recensés sur une période de 22 mois allant de janvier 2018 à octobre 2019, selon des documents obtenus par PETA grâce à la loi américaine sur la transparence.


Les violations se sont produites dans plusieurs centres de recherche dans des domaines aussi variés que le diabète, la santé des enfants ou la santé mentale. La plupart sur le campus principal à Bethesda, en banlieue de Washington, mais également sur un site à Hamilton, dans le Montana. Les NIH ont reconnu les incidents et déclaré que tous avaient fait l'objet d'une enquête du Bureau pour le bien-être des animaux de laboratoires (Olaw). Les procédures ont également été changées, selon les NIH.


Conditions de vie

Mais des associations de défense des animaux, dont celles qui, contrairement à Peta, ne sont pas idéologiquement opposées à l'emploi d'animaux dans la recherche médicale, ont dénoncé des violations scandaleuses. "Les lois et les réglementations sont là pour minimiser la souffrance des animaux, la douleur, le stress", dit Eric Kleiman, de l'Animal Welfare Institute, qui estime les documents "choquants". "La formation, les soins vétérinaires, à manger et à boire : c'est la base absolue. S'ils n'arrivent même pas à faire cela bien, ils ne devraient pas pouvoir s'approcher d'animaux, c'est aussi simple que cela", dit-il.


De la découverte de l'insuline grâce à des chiens, au développement l'an dernier d'un traitement contre Ebola avec des souris génétiquement modifiées, en passant par des thérapies contre le cancer, la recherche sur les animaux est jugée indispensable au progrès médical par des armées de scientifiques. Mais des textes stricts encadrent les conditions dans lesquelles les chercheurs peuvent tester des médicaments ou des procédures sur les animaux : la taille des cages, la température des pièces, les besoins sociaux des animaux, les visites vétérinaires, ainsi que les soins d'hygiène après une opération chirurgicale.


Auto-régulation

Les sites de recherche fédéraux sont soumis à une réglementation détaillée, qui concrétise une grande loi promulguée en 1966 par le président Lyndon Johnson, l'Animal Welfare Act. Mais contrairement aux laboratoires d'universités ou privés, les laboratoires fédéraux ne sont pas soumis aux inspections du département américain de l'Agriculture : ils sont censés s'auto-contrôler. La révélation des multiples violations en 2018 et 2019 démontre que cette auto-régulation a échoué, dit Alka Chandna, responsable des enquêtes sur les animaux de laboratoires chez Peta.


crédits: Capital/afp

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