Rechercher
  • L'équipe Green and you

Maroc : les singes magot sont en péril

Au Maroc, le primate magot subit les conséquences de la cupidité de son homologue primate Homo sapiens sapiens. De par l'exploitation qu'il exerce sur toutes les ressources naturelles et animales, l'humain devient la cause du changement climatique, de la pénurie d'eau et de la pandémie Covid-19 qu'il s'est infligé lui-même. Quelle leçon l'humanité va-t-elle tirer de cette situation ? Qu'adviendra-t-il du magot ? L'avenir nous le dira, si et seulement si une prise de conscience émerge… «Il y a beau jour que tout le monde sait que l'homme descend du singe, mais on le cacha longtemps pour ne pas humilier ce dernier. »




Le macaque de Barbarie, de son nom latin macaca sylvanus, est également appelé macaque berbère ou magot. Autrefois répandu en nord Afrique, il a disparu en 1900 de Tunisie. Il n'en reste plus qu'au Maroc, dans les montagnes du Rif (au nord) et au Moyen Atlas, ainsi qu'en Algérie dans les massifs de Kabylie. Le magot reste donc l'unique primate d'Afrique du Nord, endémique du Maghreb. Le magot est un des rares singes à vivre dans des milieux où sévissent de rudes hivers. De telles adaptations sont rares chez les Primates et témoignent de la grande faculté d'adaptation des macaques. L'habitat du macaque de Barbarie est essentiellement en milieu forestier. Environ 230 macaques vivent aussi à Gibraltar, où ils représentent une célèbre attraction touristique.


Le macaque de Barbarie souffre de l'anthropisation de son espace naturel par le pastoralisme, la déforestation et la surexploitation des forêts engendrant une réduction de son habitat naturel.


Il subit un nourrissage dangereux de la part des touristes. Dans le Moyen Atlas, dans les parcs créés comme celui d'Ifrane, du Haut Atlas oriental ou du Toubkal, à partir des années 2002-2004, où le primate est censé être préservé, il vit quasiment domestiqué en forêt. Le magot quémande de la nourriture, en bordure de cédraie, sur le bas-côté des routes touristiques. Ceci représente un gros problème : l'obésité influence ses capacités de reproduction. Le même problème existe à Gibraltar, cependant les touristes risquent une amende de 500€.


Le macaque est aussi sujet d'amusement dans les grandes cités touristiques marocaines où des montreurs de singe le mettent en spectacle.


Il est aussi braconné pour être vendu comme animal domestique. Le commerce illégal du magot en tant qu'animal de compagnie vers l'Europe, rapporte entre 1000 et 3000 dirhams (100 et 300 €) par individu.


De fait, face à ces dangers, le Royaume du Maroc participe à sa préservation en adhérant à toutes les conventions internationales de sauvegarde. Notamment à la Convention de Berne qui classe le magot au rang d'espèces en danger, dont il faut protéger le territoire. En 2008, le magot est classé comme espèce menacée d'extinction selon l'UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature).


Selon les études scientifiques, il existait 17 000 magots il y a 30 ans au Maroc ; en Algérie on en estimait 5 500, soit une estimation qui dépassait les 22 000 en 1977. Aujourd'hui, il en reste entre 3 000 et 10 000 selon une étude datant de 2005, mais il n'y a pas de chiffres récents à ce jour. Une régression de plus de 50 % en moins de trente ans. De 2000 à 2008, le macaque berbère est passé du statut d' "espèce vulnérable" à celle d' "espèce en danger" dans la liste rouge de l'UICN. Douze  ans après, le macaque conserve le même statut. Cependant, on sait que les zones de présence ont diminué de moitié. En Algérie, le magot n'est pas considéré comme espèce menacée, il est donc plus vulnérable encore.


En 2016, sur proposition du Royaume et de l'Union Européenne, l'espèce est classée sur l'annexe I de la CITES (Convention de Washington). Ceci signifie que le magot est classé comme « espèce très protégée » interdite au commerce international.


Tous droits réservés : Rédacteur

Amandine Boyaval Parution

Notre planète.info



50 vues

©2020 par Green and you.